Quand les émotions prennent le dessus

Émotions qui prennent le dessus

6 h 45 – Le cadre pour tenir debout

Quand les émotions prennent le dessus, le réveil peut déjà être lourd à porter..
Le réveil sonne, comme chaque jour de la semaine.

Quand on est neuro-atypique, avoir des routines et un cadre est essentiel.
Le cadre permet de se mettre en marche.
Il donne un moteur, une direction, un point d’ancrage pour rester centrée.

Chaque soir, je me couche en remerciant l’univers pour les petits bonheurs de la vie.
Ces petits bonheurs qui, en réalité, ne sont pas si petits que ça.

Me réveiller le matin est, pour ma part, un grand bonheur.
Une bénédiction, même quand la journée s’annonce maussade,
même quand je sais qu’émotionnellement, ce sera plus compliqué.

La femme sans masque

Dans la vie de tous les jours, je parle peu des différentes casquettes avec lesquelles je jongle.
Ici, je parle de la femme authentique.
Celle qui est sans masque, présente, juste pour elle.

Dans cette sphère-là, j’ai besoin de routines.
De sommeil, bien sûr.
Mais également de routines alimentaires, sportives et professionnelles.

En revanche, je ne peux pas enchaîner les actions sans répit.
Sans pause.
Sans respirer.

C’est pourquoi, après avoir remercié l’univers et été reconnaissante de ce que la vie m’offre, je prends toujours un temps pour faire un léger feedback de ce que j’ai planifié la veille.
Cela m’aide à appréhender ma journée avec plus de légèreté et de sérénité.

Quand tout bascule sans raison apparente

Pourtant, ce qui fonctionne pendant des jours, voire des semaines, peut soudainement être bousculé.

Nous sommes humains.
Faits de chair et d’os, certes, mais également d’émotions, de sensations et de ressentis.

À ce moment-là, le non palpable, l’imaginaire et les croyances viennent percuter ce qui nous semblait acquis, solide, presque inébranlable.

Pourquoi ?
Pourquoi les mêmes routines et les mêmes pensées, inoffensives le lundi et le mardi, explosent-elles en plein vol le mercredi ?

Progressivement, chaque personne croisée devient une étincelle.
Colère.
Inconfort.
Énervement.

Tout se met alors à tourner en boucle,
comme une souris dans sa roue

L’incompréhension des autres

Souvent, les plus cartésiens, comme mon mari, ne comprennent pas cette dimension qui agace tant les neuro-atypiques.
Ils minimisent les faits.
Ils sont stupéfaits par nos réactions.

C’est précisément là que tout s’effondre.

Un ouragan.
Deux, un tsunami émotionnel.
Trois, un mélange de frustration et d’incompréhension.

Une journée ordinaire… jusqu’à l’explosion

Ce jour-là, je travaillais sur mon site, comme je le fais depuis plusieurs jours.
Je décide de transformer ce qui était un blog en site business, en ajoutant une prise de rendez-vous avec paiement en ligne.

En théorie, rien de compliqué.
Totalement gérable pour une novice comme moi.

Cependant, le lien est sécurisé et Microsoft exige une double authentification.
Plutôt rassurant sur le papier.

Mais le code ?
Impossible de m’en souvenir.
Les autres solutions sont trop confuses pour un cerveau neuro-atypique déjà sous tension.

La colère monte.
Car c’est mon PC, mais c’est mon époux l’administrateur.
Sans son téléphone, je suis bloquée.

Je perds un temps fou sur une action qui devait me prendre cinq minutes.

L’ascenseur émotionnel

Entre-temps, je reçois un message.
Bienveillant sur le fond, cependant maladroit dans la forme.
Un peu accusateur.
Un peu moralisateur.
Très intrusif.

Résultat : ma sensibilité, mon inquiétude et la mauvaise énergie deviennent extrêmement perceptibles.
L’ascenseur émotionnel dépasse largement le rouge.

Grâce à la respiration et aux ancrages, je finis par m’excuser auprès de mon époux pour mon comportement un peu extravagant.
On se prend dans les bras.
La crise passe.
Du moins en apparence.

Car, en réalité, mon cerveau n’abandonne pas si facilement.

Le cavalier noir

Quand il m’embarque dans mon côté obscur,
il aime remettre de l’huile sur le feu,
alimenter la colère
et nourrir l’auto-sabotage.

Voilà pourquoi j’ai besoin de routines.
Et surtout, pourquoi j’écoute mon corps.
Elles ne suppriment pas les tempêtes,
mais elles limitent les dégâts.

Après une nuit de sommeil, je suis censée être posée.
Imperturbable.

Pourtant, il suffit parfois d’un contact avec une personne dans un mauvais mood pour que tout bascule.

Le point de rupture

À 8 h 50, je reçois un appel de mon fils.
Étrange, sachant qu’il a anglais à 9 h.

Il n’est pas en cours.
— Il est en retard.
— Il s’est rendormi.
— Il refuse d’aller en permanence.

J’appelle alors la vie scolaire.

Au bout du fil, une surveillante inflexible.
Cinq minutes de retard.
Aucune exception.

Le ton est sec, hautain, méprisant.
Comme si elle détenait un pouvoir absolu sur la scolarité de mon enfant.

Je ne me sens pas respectée.
Je demande un effort.
En boucle, la même réponse :
« Je n’ai pas le temps. Il n’y a pas d’exception. »

À cet instant, le cavalier noir prend le contrôle.

Je l’insulte.
Puis, je raccroche, furieuse.

Cependant, je ne me reconnais pas.

Ces situations rappellent à quel point poser un cadre est essentiel, surtout avec un enfant neuro-atypique.
J’en parle plus en détail dans l’article [Punition juste et maturité chez un enfant neuro-atypique : poser un cadre pour faire grandir].

Redescendre après la tempête

La tornade passe.
Je redescends lentement en pression en déposant mes maux durant ma séance de kiné.

Parfois, retrouver son calme après une tempête ne passe pas par des mots.
Mais par le silence, la marche, le sport ou le soin.

Respirer, c’est aussi se recentrer sur l’essentiel.

Et l’essentiel, ce n’est pas ce qui a dérapé.
C’est refuser de laisser l’autre m’envahir émotionnellement.
C’est accepter ce qui se passe ici et maintenant.

Une petite victoire

Finalement, mon fils retourne en cours.
— Il s’excuse auprès de son professeur.
— Il travaille les contrôles qu’il a après.

Il a compris son erreur.
— Il a pris du temps pour mieux « gérer » les imprévus.

Jusqu’à quand ?
Je ne sais pas.

Mais aujourd’hui, dans cette journée maussade,
cette petite victoire est mon rayon de soleil.

Si ce texte t’a aidée à mettre des mots sur ce qui se joue à l’intérieur, tu peux poursuivre la lecture dans la rubrique Se comprendre.

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Deborah

Quadra survoltée, jonglant avec brio entre la gestion de deux mini-humains turbulents et ma mission secrète d'aidante familiale. Le tout dans un paquet-cadeau emballé ! La vie ne m'a pas toujours fait de beaux cadeaux. Maman dynamique, j'ai développé le superpouvoir de débusquer la lueur "positif" dans chaque situation, comme une véritable magicienne des opportunités déguisées !

Coach certifié, par coach académie depuis 2022.

J'accompagne les super-héroïnes du quotidien à devenir leur priorité numéro un, avec un coaching qui décoiffe, du fun et des paillettes.

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