SE COMPRENDRE

Stop à la négation

Stop ,Frustration, Non

 

La négation qui nous berce

On parle souvent de l’impact de l’éducation sur l’identité adulte, sans toujours mesurer à quel point nos premières expériences façonnent nos croyances et nos comportements.

Impact de l’éducation sur l’identité adulte : quand le NON devient une croyance

L’Homme avec un grand H a tendance à reproduire ce qu’il connaît et ce qui le rassure. Quand on naît, on arrive avec des mémoires internes, une histoire, des émotions, on ne part pas de zéro. C’est cette transmission intergénérationnelle qui fait que nous avons certains comportements que nous ne comprenons pas toujours. La seule chose que je sais, c’est que le modèle éducatif qui est le plus ancré, c’est la frustration, la négation et le manque de hauteur.

Comme parent, surtout avec mon aîné, j’étais une vraie louve. Il était inconcevable pour moi que mon fils ait la moindre frustration. Il était libre d’expérimenter, d’explorer le monde comme bon lui semblait. Mon fils grimpait partout et main dans la main, je l’accompagnais dans sa découverte du monde. Je lui tenais la main pour grimper sur l’araignée du parc alors qu’il était haut comme trois pommes. Par ailleurs, il était libre d’explorer le monde, de tomber, de se relever, jugeant de ce qu’il était capable de faire. Pourtant, avant de lui laisser cette liberté, les premiers mots qu’il a entendus, c’est le NON.

Ne jette pas cela, non, tu ne mords pas, non, tu ne fais pas ça, non, tu ne touches pas…

Effectivement, si vous sortez de votre corps pour analyser la situation et l’éducation que vous avez donnée à vos enfants, les premiers mots que les enfants disent, c’est quand même NON. Cependant, les enfants du XXIe siècle sont un peu plus chanceux, car les croyances changent et l’on favorise davantage l’écoute de l’enfant et l’éducation positive.

L’étiquette comme identité

Dieu merci, tous les Hommes ne se ressemblent pas et ne sont pas tous égaux. Néanmoins, nous avons bien conscience que la différence n’est pas toujours acceptée. L’« hors norme » ne rentre pas dans notre éducation française. Si la différence est une richesse et une force dans certains pays, elle peut aussi être une source de frustration, d’incompréhension et de mal-être en France. En France, on a tendance à mettre des étiquettes partout. Comme les produits du supermarché. « Il est trop timide, il est indiscipliné, il est irrespectueux, il est ceci, il est cela, il ne fera rien de sa vie… » Notre système éducatif nous apprend que mettre une étiquette sur un comportement, faire rentrer un individu dans une case est la normalité. Sommes-nous des animaux auxquels nous mettons un pedigree ou une race ?

Notre éducation nous cloître dans des étiquettes qui nous suivent, voire nous poursuivent toute notre vie. Si l’on est chanceux et docile, on sera dans la bonne case, mais dans le cas contraire que se passe-t-il ?

Le poids de la différence

Je n’ai pas souvenir que mes parents se préoccupaient de mon bien-être ! Factuellement, j’étais une enfant « dite provocatrice ». J’ai grandi ainsi avec un certain mal-être, quelques complexes par-ci par-là. Mes parents ne se sont jamais posé la question « du comment ». Comment faisons-nous pour que notre fille travaille à l’école et cesse ces provocations et son insolence ?

Mon questionnement en tant que parent

En tant que maman et ayant un enfant « provocateur », je peux uniquement m’interroger au vu du nombre de fois où je suis convoquée par le collège. Et oui, encore et encore, je suis confrontée à des discours dénués de sens, dans ma carte du monde. Le proviseur me dit : « C’est à l’enfant de s’adapter au collège et non le contraire. » Fondamentalement, c’est vrai, les règles sont les mêmes pour tous. Mais, quand il n’y a aucune résonance ni compréhension de ces règles — que fait-on ?

Faire comprendre une règle dénuée de sens

Comment fait-on pour les faire respecter ? À quel moment l’établissement se pose la question du « comment puis-je l’aider » ? Quand punition, sanction, menace n’ont plus de sens, qu’il est à la limite de l’exclusion — à quel moment notre système dit STOP à tous ces protocoles ? Quand prendra-t-on en compte la « différence » comme une richesse d’apprentissage dans l’école de la vie ? À quel moment prend-on conscience que cette rigidité castratrice ne fait qu’accentuer le mal-être des adultes de demain ?

Nous sommes ce que nous voulons être au plus profond de soi. Cependant, lorsque toute notre enfance, nous avons été catalogués comme un enfant provocateur, obèse, intello, timide, pitre… ce n’est pas évident à l’âge adulte d’avoir une autre image.

L’histoire se répète

Quand ce même enfant au fil des mois entend que le comportement n’est pas des mieux, mais qu’il peut encore se transformer, se grandir et prendre de la hauteur — en résumé, l’enfant va faire des efforts, mais ils ne seront pas verbalisés par l’adulte. Que va-t-il se raconter à l’âge adulte ? Que quoi qu’il fasse, il aura toujours cette étiquette et inconsciemment, il l’entretiendra.

À quel moment prenons-nous vraiment conscience que le NON qui résonne constamment en nous devient une réelle barrière émotionnelle ?

Nous commençons à nous interroger en tant qu’adultes quand nous apprenons à prendre du recul face à une difficulté qui nous empêche d’avancer. Cependant, la première cause qui peut nous inciter à nous questionner, je « pense » que ce sont nos enfants. Effectivement quand un enfant n’obéit pas, qu’il refuse l’autorité et qu’il n’accepte pas la frustration, c’est le bon moment pour aller chercher des réponses.

S’il n’y avait pas une mais des façons d’éduquer, ce qui fonctionne pour l’un ne fonctionne pas forcément pour l’autre. Comprendre la psychologie émotionnelle de nos enfants peut nous aider à trouver le juste milieu en explorant des pistes qui ne sont pas en lien direct avec l’éducation que nous avions reçue ou que nous souhaiterions donner.

L’éducation par la frustration peut engendrer de véritables blocages chez l’adulte comme des croyances limitantes ou des pensées négatives sans que nous en ayons réellement conscience.

On sous-estime encore trop souvent l’impact de l’éducation sur l’identité adulte, alors que nos premières années façonnent profondément notre rapport à nous-même et au monde.

Attention, je ne dis pas que chaque enfant qui ne rentre pas dans les « cases » est un enfant « précoce ». Je dis simplement qu’un comportement dit « anormal » ne doit pas être occulté. Quand un enfant paraît différent, qu’il ne rentre pas dans les cases de « la normalité », ce n’est pas anodin.


Cet article a été écrit au début de mon chemin, quand je vivais moi-même cette transformation. Aujourd’hui j’accompagne des femmes qui traversent les mêmes épreuves.

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Deborah Gabay – DeboCoach

Coach pour femmes en transition, j'accompagne celles qui se sont oubliées à se retrouver, se relever et oser changer. À travers mes accompagnements, je propose un espace pour déposer ce qui pèse, retrouver de la clarté et reprendre sa place dans sa propre vie.

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