Mon enfance
La petite dernière d’une fratrie de trois, avec une dizaine d’années de moins que mes sœurs. Issue d’une famille moyenne — papa était agent RATP et maman comptable au Crédit Lyonnais. Cependant nous habitions une belle et grande maison, souvent gardée par ma sœur aînée ou la nourrice. Effectivement, dans mes souvenirs d’enfant, je n’ai pas la sensation d’avoir manqué de quelque chose. Même si chez moi ce n’était pas comme chez les copains, je me sentais protégée dans ma bulle familiale.
Ce que je ne savais pas encore, c’est que cette bulle allait façonner bien plus que mon enfance. Elle allait façonner mes choix d’adulte — j’en parle dans cet article sur l’impact de l’éducation.
Mon éducation
Dans mon éducation, j’ai toujours eu un décalage. Effectivement, j’ai été éduquée dans la politesse, le respect, l’empathie, la bienveillance. Le sens de la famille, le sacrifice, le dévouement, le don de soi, la tolérance, la justice, l’autonomie…
En premier lieu, nous pouvons nous dire que c’est super. Cependant, dans ces valeurs si profondes, mes parents ont un peu omis les nuances de gris. En conclusion, vous l’aurez compris : j’étais un objet intelligent avec un bouton ON ou OFF ! Gentille ou méchante, généreuse ou radine ! Je vis, je meurs. Belle ou moche.
Mon éducation a été très binaire, sans limite ni frustration. Du coup, je ne me sentais pas animée par l’envie de faire comme les copines. À savoir aller en discothèque à 16 ans, coucher avec un garçon, mentir ou même voler un bonbon à l’épicerie. La seule et unique fois où j’ai menti, je me suis fait attraper et je m’en souviens encore. Quant au vol, idem — je me suis fait prendre. Je n’ai jamais eu aussi honte de ma vie. Quant aux garçons, coucher avant le mariage sans amour, même pas en rêve !
La vérité si je mens !
Bref, j’ai toujours entendu ma famille me dire que j’étais trop sensible, trop ceci, trop cela. D’ailleurs ma sœur me comparait à Mère Teresa et moi je croyais naïvement pouvoir sauver le monde.
Cependant, j’étais tellement dans le don de moi-même que je pensais que ma vie était une mise en scène faite de tragédie et de malheur. Ma fille me dirait : « Ah ouais, tu as cru que ta vie c’était Kinder ? »
En résumé, j’ai tellement mis mon existence de côté pour le plaisir et le bien-être de l’autre que je me suis oubliée. Finalement, mon existence se résumait à quoi ? Vivre une commedia dell’arte avec des masques différents pour chaque situation. Je dois admettre qu’avec le recul, j’ai passé mon enfance et ma vie de jeune adulte à jouer un jeu de rôle.
Si tu te reconnais dans ce schéma — donner, s’oublier, porter des masques — tu n’es pas seule. J’en parle dans cet article sur l’affirmation de soi et le passage du « on » au « JE ».
Transformation
L’élément déclencheur de ma transformation a été dans un premier temps mon mari. J’ai accepté beaucoup de choses par amour pour lui, pour son équilibre, au détriment du mien. Puis il y a eu la naissance de mon fils qui m’a fait prendre une grande claque de maturité. Et pour finir, l’accident de maman.
C’est à partir de l’accident de maman que le mot « vivre » a pris sens. Je donne la vie certes, mais je choisis de vivre où, quand et comment. La femme-enfant devient une adulte responsable. J’entame une thérapie, j’apprends à vivre avec un nouvel équilibre et à choisir mes combats.
Toujours animée par ce sentiment d’injustice — pourquoi moi, pourquoi ma famille — j’étais en train d’avancer vers une nouvelle version de moi-même. Avec un peu moins de colère mais toujours autant de mal-être et d’inexistence. Je suis en vie mais je me sentais complètement vide. Cette sensation qui m’habitait de toujours devoir me sacrifier pour faciliter la vie des autres.
Je dois bien dire que la vraie transformation, celle qui vient de mes tripes, n’a eu lieu qu’en 2021/2022. Ce moment charnière, je le raconte dans cet article sur le dépassement de soi.
Cet article a été écrit au tout début de mon chemin — avant même ma formation de coach. Il reflète la Déborah d’avant la transformation. Aujourd’hui j’accompagne des femmes qui traversent les mêmes épreuves.
Si ces mots résonnent en toi, le premier pas c’est une conversation.


[…] Premièrement , quand je suis arrivée du haut de mes 41ans et de mon mètre 68 à peine , je pensais que la vérité était celle que je défendais. Il faut dire que je pensais naïvement que mon comportement et ma façon de voir les choses étaient la seule et unique façon de faire. D’ une part j’étais une pile électrique, voir, un tigre enfermé dans une cage. En bref, j’avais le cerveau qui tournait en boucle avec une envie de croquer la vie à pleine dents. En résumé, j’entamais des milliers de choses, qui ont toutes été abandonnées les unes après les autres. Effectivement dés que ca devenait trop mais vraiment trop compliqué j’abandonnais. Il faut dire que c’est trop tentant de se dire à la moindre difficulté: » c’est trop dur j’ y arriverais pas ».https://www.debocoach.fr/transformation-enfance-education-verite/ […]